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Pré-étirer un cordage dès sa fabrication, une méthode pour contrôler sa longueur

Lors de l’achat de vos manœuvres courantes, vous avez sûrement déjà remarqué certains cordages dits « pré-étirés ». Pourquoi certains bouts sont-ils soumis à ce traitement ? Nous vous aidons à y voir plus clair.

Le pré-étirage d’usine, pour forcer la stabilisation des fibres

Lors de la fabrication d’un cordage tressé, les différents fuseaux qui le composent vont s’assembler en S qui seront plus ou moins perpendiculaires à l’axe du bout selon le pas de tressage (c’est-à-dire la fréquence à laquelle un fuseau revient à sa position initiale lors du tressage). Le pré-étirage est réalisé après cette étape de conception : il permet de tendre le cordage afin que les fibres qui le composent se compriment et se stabilisent, permettant au bout d’atteindre sa longueur définitive.

En effet, tout cordage tressé subira une légère augmentation de longueur lors de sa première utilisation sous tension, ses fibres n’étant pas stabilisées. Le pré-étirage vient donc « simuler » ce premier travail sous charge afin d’éviter tout imprévu lors de l’usage réel du bout ! De plus, la tresse ainsi étirée est plus compacte, ce qui entraine une légère baisse de diamètre sans perte de résistance ou de propriétés. Il ne faut pas confondre cette augmentation de longueur « initiale » avec l’allongement naturel des fibres à l’usage ou encore les phénomènes de fluage qu’un cordage peut subir lors de la navigation. La stabilisation d’un bout est un passage obligatoire pour tout cordage !

Le thermofixage, pré-étirage à chaud plus performant

Le pré-étirage peut être effectué à froid ou sous température élevée : dans le second cas, on parle de thermofixage. Le procédé est réalisé sous une température élevée (aux alentours de 100°C), ce qui permet un meilleur travail des fibres qui vont se compacter davantage : comparé au pré-étirage à froid, un bout thermofixé présentera un diamètre encore inférieur ainsi qu’une plus grande stabilité sous tension.

Bien que plus performant, il est aussi plus onéreux et nécessite des machines plus sophistiquées – le thermofixage n’est donc pas indispensable pour les cordages destinés à la plaisance ! Ce traitement est plutôt réservé aux cordages haute-performance, comme le dyneema, utilisés lors de programmes de navigation plus exigeants.

Pré-étirer un cordage permet donc principalement d’éviter un allongement du bout lors de sa première utilisation tout en réduisant légèrement son diamètre final. Le but de ce procédé est donc de stabiliser au maximum votre cordage afin de garantir précision, fiabilité et sécurité lors de la navigation !

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Résistant, polyvalent, économique : le polyester a tout pour plaire

Nous en sommes certains, vous possédez au moins un bout en polyester à bord de votre bateau : une grande variété de cordages et d’équipements mettent à profit les spécificités de cette fibre polymère. Aujourd’hui, focus sur le polyester et ses caractéristiques !

Le polyester fut commercialisé en France par l’entreprise Rhodiacéta (désormais disparue) à partir de 1954 sous la marque « Tergal ». Les usages de ce polymère sont très variés, mais c’est en tant que fibre textile synthétique que le polyester nous intéresse particulièrement : elle est utilisée dans la conception de vêtements, de décorations, d’emballage… et bien évidemment de cordages marins 😊

Les principales propriétés des cordages en polyester

Une robustesse à toute épreuve

Une des caractéristiques les plus appréciées du polyester est sans aucun doute sa grande résistance aux UV et à l’humidité : il peut supporter une exposition prolongée au soleil sans se rigidifier, et il en va de même pour une immersion en eau salée. De plus, il sèche très rapidement par la suite ! Il supporte aussi les situations de ragage intensif (même si l’abrasion restera toujours le principal ennemi de vos cordages). Cette résistance est donc très appréciable, permettant d’augmenter la longévité des bouts – le polyester est particulièrement adapté à l’environnement marin.

Un allongement modéré…

L’allongement correspond à l’étirement d’un bout une fois mis sous tension : c’est un phénomène totalement naturel et qui n’endommage pas les propriétés de votre cordage (contrairement au fluage). Cette élasticité peut varier entre 8% et 14% selon la qualité de la fibre polyester, ce qui permet « d’amortir » les chocs ou mouvements trop brusques : une qualité très appréciable pour les cordages destinés à l’amarrage ou au mouillage.

…mais réduit grâce au polyester haute-ténacité

Mais certains cordages comme les drisses ou les écoutes doivent au contraire être statiques au maximum et bénéficier d’une élasticité faible afin de garantir performance et sécurité lors de la navigation. Heureusement, il existe le polyester haute-ténacité : ce type de fibre exploite au mieux les forces du polyester tout en offrant un coefficient d’allongement réduit, une solution idéale pour le croisiériste par exemple.

Une prise en main agréable

Le polyester est agréable au toucher et offre de bonnes capacités de préhension, ce qui n’est pas négligeable pour les manœuvres courantes comme les écoutes. Cela peut aussi faciliter leur manipulation ou vos opérations de matelotage ! Quitte à manipuler régulièrement un cordage, autant que celui-ci présente une bonne préhension – c’est particulièrement valable pour les navigations de longue durée. Dans ces situations et surtout en régate, nous vous recommandons vivement le port de gants 😊

Un rapport qualité / prix imbattable

Grâce à sa composition, sa popularité et sa polyvalence, le polyester est une fibre très peu couteuse à produire – ce qui permet par la suite de fabriquer des cordages économiquement attractifs. Les bouts en polyester proposent un rapport qualité / prix très attrayant pour les navigateurs qui n’ont pas l’utilité de cordages haute performance (en dyneema, par exemple). C’est donc une solution tout indiquée pour les plaisanciers qui désirent s’équiper sans se ruiner !

Pour quels cordages le polyester est-il recommandé ?

On pourrait presque dire que le polyester est la fibre à tout faire. Les drisses et écoutes en polyester haute-ténacité sont adaptées aux programmes de navigation « traditionnels » : leur principal défaut, l’allongement, n’est pas réellement préoccupant dans ce type de situations. Des manœuvres courantes en polyester peuvent donc répondre amplement à vos besoins tout en offrant une longévité accrue – et le tout pour un tarif abordable.

C’est notamment pour les cordages d’amarrage et de mouillage que le polyester est tout indiqué : ces bouts sont plus exposés aux attaques de l’environnement maritime et tendent à s’user rapidement. La robustesse du polyester prend ici tout son sens, et son allongement modéré devient un atout en permettant à votre bateau de s’adapter au clapot de l’eau. Il est même possible de se passer d’amortisseurs d’amarres lorsque l’on utilise un cordage en polyester de qualité et bien entretenu !

Le dernier domaine dans lequel le polyester brille particulièrement est sans aucun doute le surgainage. Une fois encore, c’est sa résistance face aux UV, à l’humidité et au ragage qui permettent à cette matière de représenter un excellent choix de surgaine : le polyester est parfait pour protéger les âmes en fibre plus sensibles. Surgainer ses cordages est essentiel afin d’augmenter leur durée de vie 😊

Le polyester est donc une fibre polyvalente qui répondra aux attentes de nombreux navigateurs, et ce pour un coût relativement faible. En revanche, les plus exigeants en quête de performance devront se tourner vers des fibres plus efficaces afin de trouver leur bonheur !

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Épissure VS Nœud : quand utiliser l’un plutôt que l’autre, et pourquoi ?

Lors de la navigation, vous serez forcément amenés à réaliser des nœuds ou à utiliser des cordages épissés pour mener à bien certaines manœuvres. Mais il est crucial de bien comprendre chacune de ces deux techniques et leurs spécificités afin de toujours réaliser le meilleur choix ! Quand l’épissure est-elle préférable au nœud ? Quels sont leurs effets sur vos bouts ? Une petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal 😊

L’épissure, polyvalente et résistante mais plus compliquée à réaliser

L’épissure consiste à désolidariser les différentes fibres qui composent un cordage afin de les réinsérer dans ce dernier après avoir réalisé une boucle (épissure en œil) ou dans un second bout, ce qui permet de les lier ensemble. Cette technique de matelotage ne s’improvise pas : réaliser correctement une épissure nécessite de l’entraînement ainsi que le matériel adapté. De plus, la technique varie selon le type de cordage concerné et notamment son nombre de torons.

L’avantage principal de l’épissure réside en sa capacité à conserver la robustesse du cordage : si elle est réalisée parfaitement, la perte de résistance du bout peut être inférieure à 10% ! De plus, le résultat final sera bien plus esthétique et moins imposant qu’un nœud. C’est pour ces raisons que l’épissure est une technique de matelotage qui mérite d’être apprise par tout navigateur. Elle constitue aussi une terminaison de qualité pour vos cordages : l’épissure en œil permet de préserver les extrémités de vos bouts et la boucle ainsi formée est très polyvalente 😊

Vous pouvez renforcer vos épissures en œil à l’aide de cosses en inox (plus économiques) ou en acier (plus résistantes)

L’épissure est aussi le meilleur moyen de lier deux bouts ensemble, la perte de résistance réduite augmentant la viabilité du bout obtenu. De plus, le cordage final ne présentera pas de protubérances à la jonction (en opposition à un nœud), ce qui facilitera son utilisation si il est destiné à passer dans des bloqueurs ou des œillets par exemple.

Le nœud, rapide et temporaire mais moins résistant

Il existe de nombreuses manières de nouer un cordage selon l’usage auquel il est destiné :

  • Les nœuds d’accroche sont réalisés autour d’un objet, par exemple un taquet lors de l’amarrage (ex : nœud de cabestan)
  • Les nœuds de boucle forment, comme leur nom l’indique, une boucle qui facilite l’attache du bout (ex : nœud de chaise)
  • Les nœuds d’ajut qui permettent d’attacher deux cordages ensemble (ex : nœud d’écoute double)
  • Les nœuds d’arrêt sont exécutés à l’extrémité d’un bout afin de les « bloquer » dans certains équipements, comme les poulies ou pontets (ex : le nœud de huit)

De manière générale, nouer un cordage est simple, rapide et ne nécessite pas de matériel lorsque l’on maitrise les différentes étapes à suivre selon le nœud désiré. Contrairement à une épissure, un nœud a l’avantage d’être temporaire : vous pourrez bien généralement le défaire par la suite, sauf si votre cordage est resté noué trop longtemps ou alors dans de mauvaises conditions (au soleil, en immersion, etc.).

En revanche, la perte de résistance du cordage est considérable, pouvant représenter jusqu’à 50% de la charge de rupture du bout selon le type de nœud effectué. Il est donc déconseillé de réaliser des nœuds sur des cordages destinés à une mise sous tension intense ou prolongée ! De plus, ils vont endommager les fibres qui composent votre bout en exerçant des phénomènes de compression ou de cisaillement qui peuvent réduire drastiquement les propriétés du cordage. C’est pourquoi il est crucial de dénouer ses bouts avant de les ranger 😊

Les nœuds et les épissures sont donc complémentaires – il faut connaître les deux techniques afin de pouvoir réaliser la plus adaptée à chaque situation. Lorsque possible, privilégiez tout de même l’épissure : plus résistante aux fortes tensions, elle offre un niveau de maintien et donc de sécurité supérieur aux nœuds.

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On vous présente le dyneema, la fibre qui allie résistance, performance et légèreté

Lorsque l’on s’intéresse aux différentes fibres qui composent nos bouts, une matière tire son épingle du jeu : le dyneema. Mais comment cette solution textile est-elle devenue si incontournable dans le monde du nautisme ? Pour quels usages faut-il privilégier le dyneema ? On fait le point ensemble.

Ce que nous appelons communément « dyneema » est en réalité une fibre issue du pétrole, le HMPE (pour high-modulus polyethylene). C’est l’entreprise néerlandaise DMC qui la produira selon un procédé technique sous licence, puis la commercialisera en 1990 en lui attribuant le nom de dyneema. Sur le sol américain, sa principale concurrente est le spectra, une fibre elle aussi dérivée du HMPE et produite par l’entreprise Honeywell.

Une fibre polyéthylène haut-module très résistante à la rupture

Grâce à sa composition moléculaire, le dyneema est capable de supporter de lourdes charges sans se rompre : à diamètre égal, il est en moyenne 5 fois plus résistant qu’un cordage en polyester, ce qui peut par exemple vous laisser une plus grande marge de manœuvre lors du choix du diamètre de vos bouts – tout en garantissant une charge de rupture élevée !

Ainsi, la drisse Performbraid MS-347 dont l’âme est 100% dyneema SK78 (protégée par une gaine polyester) présente une charge de rupture de 8000 DaN pour un diamètre de 12mm. Pour ce même diamètre, la drisse Fastnet Classic MS-365 composée entièrement de polyester haute-ténacité n’offre que 3300 DaN de charge de rupture : si la résistance d’un bout dépend bien évidemment de plusieurs facteurs, la supériorité du dyneema est ici indéniable.

Le dyneema, bien plus qu’un cordage robuste

Mais le succès du dyneema ne repose pas uniquement sur sa résistance à la rupture : il présente aussi un coefficient d’allongement très faible, ce qui est essentiel pour assurer et maintenir un bon réglage de vos cordages et ainsi tirer pleinement profit de votre bateau. Un bout qui s’allonge excessivement lors de la navigation va nuire à vos performances et nécessiter un recalibrage fréquent – on voudra donc à tout prix éviter ces imprévus lors des situations extrêmes, comme en cas de régate par exemple.

De manière générale, le dyneema supporte correctement les expositions prolongées UV ou à l’humidité et son faible coefficient de friction le rend très glissant et donc particulièrement protégé face au ragage. Bien entretenue, une manœuvre courante en dyneema sera efficace durant de nombreuses années ! Néanmoins, cette faible friction rend absurde toute tentative de nœud sur un bout qui sera mis sous tension : ce dernier se dénouerait bien trop rapidement. C’est pourquoi il faut privilégier la réalisation d’épissure sur ce type de fibre, d’autant plus que le dyneema est relativement simple à épisser.

De surcroît, le dyneema est très léger, ce qui permet un gain de poids non négligeable dans vos hauts de mat par exemple, tout en facilitant sa manipulation lors de la navigation. Outre un gain de confort d’usage, réduire le poids de votre gréement permet aussi d’augmenter les performances globales de votre bateau 😊 Pour terminer, il est bon de préciser que le dyneema est flottant, sa densité étant inférieure à celle de l’eau.

Les deux principaux problèmes du dyneema : sa vulnérabilité au fluage et son coût

Si cette fibre était parfaite, la question ne se poserait pas et tous nos cordages seraient en dyneema. Mais des matières similaires (bien que moins performantes, comme le polyester haute-ténacité) continuent d’être utilisées : en effet, une manœuvre courante en polyester représentera un investissement plus faible comparé à du dyneema. Pour les programmes de navigation ou bateaux moins exigeants, cette solution peut tout à fait convenir et répondre parfaitement à vos besoins.

De plus, le dyneema est particulièrement sensible au fluage. Souvent confondu avec l’allongement, le fluage est en réalité un phénomène dangereux : c’est une altération définitive des propriétés de votre bout. Après un effort trop intense ou répété, le cordage ne parvient pas à reprendre sa longueur initiale et ses fibres seront endommagées, ce qui peut nuire à votre sécurité et nécessiter un remplacement du bout ! Si le fluage est inévitable et survient à chaque mise sous tension du bout, ce sont surtout les usages intensifs de type régate qui vont faire fluer fortement vos cordages.

SK38, SK78, SK99… Chaque module de dyneema possède ses spécificités

Le dyneema se décline en plusieurs modules repérables à la mention « SK» accompagnée d’un nombre. C’est au fil des optimisations du processus de production et de traitement de la fibre que DSM a créé ces différents types de dyneema : s’il existe de nombreux types de dyneema à l’heure actuelle, seuls quelques-uns sont utilisés dans la fabrication de cordages marins.

  • Le SK38 est parfait pour les drisses des bateaux de croisière : si sa résistance est similaire au polyester, son allongement est bien inférieur. Il est donc idéal pour une navigation « normale » lors de laquelle le cordage ne sera pas énormément mis à l’épreuve.
  • Le SK75 est souvent réservé aux écoutes ou éventuellement aux accroches textiles. Il bénéficie d’un allongement faible, mais ses usages sont limités par sa sensibilité aux phénomènes de fluage.
  • Le SK78 est actuellement le module le plus utilisé dans la conception de nos bouts. Il présente des caractéristiques similaires au SK75 tout en réduisant énormément son fluage : il représente donc un très bon candidat pour vos drisses ou encore certains éléments de votre gréement.
  • Le SK99 présente un allongement très réduit ainsi qu’une résistance supérieure aux autres modules. Cette fibre ultra-performante est donc tout indiquée pour les régatiers !

Drisses, écoutes, surgaines voire gréement : le dyneema s’invite à bord

Grâce à ses propriétés d’exception, le dyneema est un excellent choix pour vos drisses et vos écoutes : ces manœuvres courantes doivent être statiques et résistantes afin de maximiser les performances de votre bateau. Il est aussi possible de remplacer certains éléments de votre gréement (courant et/ou dormant) avec des équipements tirant profit du dyneema !

Son coefficient de friction faible qui lui permet de mieux supporter les situations de ragage fait aussi du dyneema une fibre particulièrement adaptée pour le surgainage de vos cordages : cette protection supplémentaire vous permettra d’augmenter la durée de vie de vos bouts. Attention tout de même à ne pas surgainer avec du dyneema les parties des manœuvres courantes destinées à être coincées dans les bloqueurs ou enroulées autour des winchs, la faible friction de la fibre pouvant nuire au bon maintien du cordage.

Le dyneema s’impose donc comme une fibre haute-performance véritablement fiable et efficace malgré son tarif élevé. C’est un excellent choix pour les navigateurs les plus exigeants ! Si votre budget vous le permet et que votre bateau est adapté, un cordage en dyneema peut constituer un excellent investissement 😊

Le calfatage des bateaux en bois, crucial pour assurer leur étanchéité

Pourquoi calfater une coque en bois ? Tout simplement pour la rendre étanche ! Lors de la navigation, l’eau peut s’infiltrer dans les interstices présents entre les bordés qui composent la coque. Pour éviter ce phénomène, il faut donc combler ces espaces : c’est ce que l’on appelle le calfatage. Découvrons ensemble les particularités de cette technique incontournable.

Le calfatage des bateaux en bois, un savoir-faire historique

Le calfatage désigne donc une pratique visant à rendre étanches les bateaux en comblant les fentes présentes entre les différentes planches d’une coque, ou éventuellement d’un pont, et ainsi éviter les infiltrations d’eau. Une matière textile (comme de l’étoupe) est insérée de force à l’aide d’un fer afin de remplir l’espace, puis l’ensemble est recouvert d’un enduit. C’est essentiel pour assurer la flottabilité des navires en bois – avant l’arrivée des bateaux modernes, les « calfats » (ouvriers calfateurs) étaient donc légion sur les chantiers maritimes !

Si les produits utilisés ont évolué avec le temps, le procédé est resté le même depuis plusieurs millénaires ! Désormais, les bateaux sont construits dans des matériaux permettant l’assemblage de pièce continue – il n’y a donc plus de fentes à combler pour garantir la flottabilité de l’embarcation. Mais le calfatage est toujours utilisé lors de la rénovation de bateaux en bois ou la construction de navire d’époque : la majestueuse Hermione, qui a pris la mer en 2014, a aussi eu le droit à son calfatage !

Les différentes étapes du calfatage d’une coque en bois

Si vous désirez entretenir le calfatage d’une embarcation en bois, qu’il s’agisse d’un bateau ou un simple canot, il faut tout d’abord la décalfater au maximum : tout résidu de matière pourrait nuire à la bonne rénovation de la coque et réduire son étanchéité. Une fois les espaces du bordage bien libres, vous pourrez plus facilement y insérer votre coton à calfater.

Selon la taille du joint, il faut utiliser un fer plus ou moins épais. Il est parfois nécessaire d’insérer plusieurs « couches » de fil afin de bien colmater la fente. Lorsque le coton à calfater est bien en place, il ne reste plus qu’à le recouvrir l’ensemble d’enduit (ou mastic) afin de le maintenir en place lors de la navigation. L’opération est ensuite à répéter pour chaque planche du bordage, ce qui n’est pas une mince affaire pour les bateaux les plus imposants !

Mais donc, quels sont les matériaux à privilégier pour bien calfater son navire ?

C’est une question épineuse à laquelle il n’existe pas de solution universelle : chaque matière présente ses avantages et ses inconvénients, et les artisans calfateurs ont tous leurs « recettes secrètes » 😊 Pour ce qui concerne la matière textile à insérer dans les joints, de l’étoupe à base de chanvre ou de lin était traditionnellement utilisée. Désormais, certains préfèrent l’utilisation de bitord (cordage préalablement goudronné), mais le coton à calfater reste la meilleure solution à l’heure actuelle !

Mais c’est principalement le choix de l’enduit qui fait controverse. En effet, il existe de nombreuses possibilités : le mastic de vitrier ainsi que le traditionnel brai bitumineux ou goudronné mélangé au minium figurent parmi les plus utilisés. Néanmoins, des produits plus récents tels que le Sika® peuvent être utilisés, même si leur efficacité reste encore à prouver.

Certains vous le diront (et avec raison) : le calfatage, c’est tout un art. Et cela peut devenir compliqué pour un chantier de grande ampleur ! Si la profession de calfat tend à disparaitre, il existe toujours des professionnels qui sauront vous accompagner dans vos projets de rénovation.

Bien choisir le diamètre de vos drisses et écoutes

Vous désirez remplacer un (ou plusieurs) cordage sur votre bateau, mais vous hésitez concernant le diamètre à privilégier ? Ce choix n’est pas sans conséquence : en effet, le diamètre impacte la charge de rupture, l’allongement ou encore la préhension du bout, autant d’éléments à prendre en considération afin de naviguer agréablement et en toute sécurité.

Le diamètre, une caractéristique essentielle de vos drisses et de vos écoutes

Il ne faut surtout pas négliger le choix du diamètre d’une manœuvre courante : ce dernier impacte fortement les propriétés de votre bout, et notamment sa charge de rupture (c’est-à-dire la force que le cordage pourra supporter avant de se rompre) ainsi que son allongement. Vous l’aurez donc compris : un cordage au diamètre inadapté à votre bateau pourrait se rompre lors de la navigation ! N’oubliez pas non plus qu’un diamètre élevé augmentera le poids de votre gréement courant, ce qui peut rendre plus pénible vos manœuvres.

Dans un premier temps, le choix du diamètre d’un cordage doit toujours être effectué selon la charge de travail qu’il sera amené à supporter, calculé selon la surface de votre voile. C’est un critère à respecter impérativement : votre sécurité passe avant tout.

Avant toute chose, inspectez les différents équipements de votre accastillage afin de déterminer les diamètres envisageables pour vos cordages. Si vous désirez remplacer vos manœuvres courantes avec des bouts identiques, vous pouvez bien évidemment conserver les mesures actuelles. Néanmoins, ce n’est pas possible si vous changez de modèle ! Chaque produit possède une charge de rupture qui lui est propre : un même diamètre n’entrainera pas la même résistance d’un cordage à un autre. C’est pourquoi nous vous conseillons d’être vigilants et de toujours vérifier les propriétés de vos cordages.

Choisir le diamètre selon les fibres qui composent votre bout

Comme nous l’avons évoqué, chaque produit sera plus ou moins résistant à la rupture. Cela dépend principalement des fibres qui le composent ainsi que de sa construction : ainsi, une corde en polyester proposera (à diamètre égal) une charge de la rupture inférieure à celle du dyneema. Rassurez-vous, ces informations sont systématiquement renseignées sur nos fiches produits, et selon chaque diamètre possible, comme dans l’exemple ci-dessous :

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Charge de rupture selon le diamètre pour la Dynafil MS-342

Il vous suffit donc de comparer la charge de rupture nécessaire pour votre bateau aux caractéristiques techniques du modèle que vous envisagez. Inutile d’acheter votre bout dans un diamètre bien supérieur à ce qui est nécessaire !

Comment calculer la charge de rupture requise pour vos drisses et écoutes ?

Avec la formule ci-dessous, vous pourrez rapidement calculer la charge de rupture nécessaire pour vos drisses et vos écoutes. Il vous suffit de remplacer les valeurs demandées par celles qui correspondent à votre situation:

Surface de voile (m²) x Vitesse du vent² (en nœuds) x 0,021 = Charge de travail (en DaN) x 5 = Charge de rupture

Ensuite, il ne vous reste plus qu’à comparer le résultat obtenu selon les différents modèles qui vous intéressent afin de choisir des manœuvres courantes adaptées. Le dyneema est optimal, offrant des performances élevées pour un diamètre réduit (mais à un tarif bien plus onéreux). Plus abordable, un cordage de diamètre supérieur en polyester haute-ténacité peut aussi répondre à vos besoins ! C’est à vous de choisir selon votre programme de navigation, vos préférences ainsi que votre budget.

Si, suite à votre achat, vous constatez que le diamètre choisi n’est pas suffisant (votre bout n’est pas bien maintenu dans vos bloqueurs, par exemple), vous pouvez éventuellement le surgainer. C’est une bonne méthode pour augmenter le diamètre d’un cordage tout en le protégeant davantage contre le ragage et améliorer sa prise en main !

My Rope, l’application pour trouver en quelques clics les cordages adaptés à votre bateau !

Pour vous aider à choisir les cordages adaptés à vos besoins, nous avons développé l’application mobile My Rope, disponible gratuitement sur Android. En y renseignant quelques informations concernant votre bateau ainsi que les charges de rupture désirées, l’application vous redirigera vers les produits répondant parfaitement à vos besoins – et ce, immédiatement au bon diamètre 😊

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Allongement et fluage d’un cordage : quelles sont les différences ?

Il est parfois difficile de saisir toutes les spécificités d’un cordage. À quoi correspond l’allongement d’un bout ? Qu’est-ce que le fluage ? Pourquoi les confondons-nous ? Dans quelles situations ces propriétés sont-elles essentielles ? Cet article est là pour vous aider à y voir plus clair.

L’allongement ou « l’élasticité » d’un cordage

Définition

C’est un phénomène parfaitement naturel et présent sur tous les cordages : l’allongement correspond à la capacité d’un bout à « s’étirer » une fois mis sous tension. Lorsque la charge de travail n’est plus exercée, le bout revient à sa longueur initiale – c’est pourquoi on parle aussi d’élasticité. Chaque matière possède un coefficient d’allongement plus ou moins élevé qui va donc déterminer son usage lors de la navigation.

Le pré-étirage en usine pour stabiliser le câble

Lors de sa première utilisation, tout cordage va s’allonger légèrement lorsque les fibres qui le composent se stabilisent – c’est particulièrement valable pour les cordes tressées. Afin d’éviter ce phénomène, certains bouts sont « pré étirés » directement en usine : suite à leur conception, ils sont placés dans une machine spécifique qui va les tendre et permettre aux fuseaux de prendre leur forme définitive.

La « longueur du pas » détermine la vitesse à laquelle un fuseau ou toron revient à la même position dans un cordage : plus le pas est long, plus les fuseaux sont parallèles à l’axe de travail du bout, ce qui entraine un allongement plus faible.

Le fluage, une déformation irréversible du cordage

Le fluage correspond à une déformation irréversible de la matière du bout lors de sa mise sous tension : les fibres s’endommagent et le cordage ne parvient pas à récupérer sa dimension initiale. Ce phénomène peut se révéler dangereux car, contrairement à l’élasticité, le fluage modifie directement les propriétés de votre cordage ! Une inspection régulière de vos manœuvres courantes est donc conseillée afin de repérer au plus tôt un fluage excessif de vos bouts.

Les cordages sont en permanence soumis au fluage, surtout lors des premières sorties en mer. Une utilisation traditionnelle d’un bout se situe autour des 20% à 25% de sa charge de rupture, ce dernier fluera donc infiniment – pas la peine de vous inquiéter outre mesure concernant le fluage, mais restez tout de même vigilant. En revanche, le bout doit absolument être remplacé lorsque son diamètre au repos est réduit de plus de 10% par rapport à son diamètre d’origine !

Et donc, quelle matière pour quel coefficient d’allongement ?

L’allongement est à envisager selon l’usage auquel est destiné le bout. Lors du choix des amarres, c’est un critère essentiel : l’élasticité permettra au cordage d’absorber les éventuels mouvements du bateau qui viendraient surtendre momentanément les cordages. On préférera donc les cordages en polyester ou en polyamide, fibres qui présentent de forts coefficients d’allongement (entre 15% et 25%), qui vont éviter que ces surtensions abîment votre accastillage.

Pour des drisses et des écoutes performantes, il faut au contraire réduire au maximum l’allongement pour une bonne tenue des cordages une fois sous tension (et ainsi éviter de voir son guindant se détendre lors de la navigation, par exemple). Néanmoins, il faut choisir une matière en adéquation avec celles qui composent votre bateau, et principalement ses voiles. L’ensemble doit être au maximum homogène et surtout adapté à votre programme de navigation !

De manière générale, le dyneema et le kevlar sont les matières les plus plébiscitées pour les hautes performances avec un allongement inférieur à 1%. Si le kevlar présente une grande résistance au fluage, il reste néanmoins bien plus onéreux que le dyneema. Pour un programme de navigation exigeant, le dyneema est donc un excellent choix !

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Tout savoir pour bien surgainer vos cordages et les protéger durablement

Vos bouts sont en permanence exposés à de nombreux dangers : ragage, UV, humidité… À terme, cela peut réduire leur durée de vie et nécessiter un remplacement prématuré des cordages. Pour palier à ce problème, nous vous conseillons de surgainer vos cordages : voici un article pour vous aider à faire les meilleurs choix en matière de surgaine !

Pourquoi surgainer un cordage ?

Le surgainage est particulièrement conseillé lorsque vous désirez protéger vos bouts de l’abrasion, ou plus rarement des attaques environnementales. Vous pouvez réaliser une surgaine sur tout type de cordage, que celui-ci soit déjà gainé (composé d’une âme et d’une gaine) ou qu’il s’agisse d’une âme seule. Il est conseillé de surgainer « localement » votre manœuvre courante en identifiant la partie qui est particulièrement exposée au ragage et en la protégeant à cet endroit précis (zone de passage dans les œillets, coinceurs, etc.).

Attention : surgainer un cordage va légèrement augmenter son diamètre. Il convient alors de vérifier les diamètres maximums utilisables selon votre accastillage afin d’éviter toute mauvaise surprise.

Mais il existe d’autres usages aux surgaines : cela permet notamment d’améliorer le maintien d’une manœuvre courante dans un winch ou un bloqueur. Il suffit alors de choisir une fibre bénéficiant d’un fort coefficient de friction pour réaliser le surgainage ! De plus, lorsque votre cordage montrera les premiers signes de fatigue, vous pourrez changer uniquement la surgaine et ainsi conserver le bout initial plus longtemps 😊

Bien choisir la matière de votre surgaine

Avant d’aborder le choix de la fibre, parlons brièvement du diamètre requis pour un bon surgainage : il faut au maximum privilégier un diamètre équivalent à celui du cordage d’origine. En effet, si ce dernier est trop élevé la surgaine risque d’être irrégulière ou s’amasser en « paquets » à certains endroits, ce qui peut gêner la manipulation du bout.

Le dyneema : pour une protection maximale face au ragage

La fibre dyneema est une des matières les plus résistantes aux frottements : elle possède un coefficient de friction faible, ce qui la rend très glissante et donc moins vulnérable aux phénomènes de ragage. Elle est donc particulièrement conseillée pour la protection des drisses (au niveau des réas en tête de mât, par exemple) ou encore des cordages venant frotter momentanément contre les haubans (bras de spi notamment). De plus, elle résiste particulièrement bien aux UV !

Néanmoins, son faible coefficient de friction est aussi un de ses points faibles : impossible de l’utiliser pour surgainer les parties d’une manœuvre courante enroulées autour d’un winch ou coincées dans un bloqueur. Ce serait contre-productif : trop glissante, la surgaine réduirait le maintien du cordage et nuirait à vos performances et votre confort lors de la navigation.

Le polyester : polyvalent, résistant et économique

Le polyester se démarque par sa grande adaptabilité au milieu marin : il est particulièrement apte à supporter les différents dommages liés à l’ensoleillement ou à l’humidité. Ainsi, une surgaine en polyester protégera correctement votre cordage, et ce de manière durable !

Possédant un coefficient de friction correct, il est envisageable pour les protéger les cordages passants dans les bloqueurs, ces derniers étant fortement exposés au ragage. Le polyester est aussi très économique avec un coût trois à quatre fois moins cher que du dyneema : certes, il ne sera pas aussi efficace en termes de protection, mais bien plus abordable ! C’est donc une solution parfaite pour les navigateurs qui désirent maitriser leur budget tout en augmentant la durée de vie de leurs bouts.

Le technora : idéal pour augmenter le maintien d’un cordage

Si vous désirez surgainer un cordage afin de le rendre moins glissant, le technora est sans aucun doute la fibre qu’il vous faut. Avec son coefficient de friction très élevé, c’est une matière qui accroche énormément : elle est donc idéale pour mieux maintenir un cordage autour d’un winch dans un bloqueur. De plus, son point de fusion est supérieur à 450°C, ce qui lui permet de résister à un choqué brutal sans fondre – ce qui peut être fatal pour vos cordages lors des navigations les plus extrêmes.

En revanche, le technora souffre d’une vulnérabilité aux UV qui va réduire sa durée de vie (estimée à environ 2 ans en usage régulier). C’est pourquoi certaines surgaines sont composées d’un assemblage technora – polyester : la résistance naturelle du polyester va permettre d’augmenter la longévité de la surgaine tout en conservant les propriétés du technora !

Quelques conseils pour bien poser votre surgaine

Surgainer un cordage n’est pas très difficile : même si vous n’êtes pas un grand adepte de matelotage, un surgainage « local » ne devrait pas vous poser de problème – quelques aiguilles à épisser et un peu de temps vous suffiront. Pour des surgaines plus grandes voire intégrales, c’est une autre affaire : il est préférable de faire appel à un professionnel qui disposera du matériel adapté 😊

La méthode la plus simple consiste à attacher le bout à surgainer dans une aiguille à épisser : celle-ci va faire office de « guide » que vous allez ensuite passer dans la surgaine afin de la positionner à l’endroit désiré. Pour délimiter au mieux la zone à couvrir, vous pouvez marquer votre cordage à l’aide d’épingles à tête perlée, ce qui permet par la suite de provisoirement fixer la surgaine le temps d’ajuster son placement.

Il est essentiel de bien tendre le bout ainsi que la surgaine nouvellement posée avant de la fixer de manière définitive : tout jeu pourrait nuire à la tenue et à l’efficacité de votre surgainage. Ensuite, il faudra réaliser une terminaison efficace et durable comme une surliure afin de maintenir la protection en place. Vous pouvez aussi effilocher les extrémités de la surgaine pour rentrer les fils ainsi isolés à l’intérieur du bout à l’aide de fines aiguilles à épisser !

Surgainer son cordage est donc idéal afin d’augmenter sa durée de vie ou ses performances. Mais pour qu’un surgainage soit efficace, il faut choisir la fibre adéquate et poser la surgaine avec soin – en cas de doute, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel. Et n’oubliez pas d’inspecter régulièrement vos surgaines et leurs terminaisons : il ne faut pas hésiter à les remplacer quand nécessaire afin de protéger durablement vos bouts.

Bien préserver vos cordages de l’environnement marin : UV, humidité, salinité…

Bien préserver vos cordages de l’environnement marin : UV, humidité, salinité…

Peut-on laisser ses cordages au soleil ? Quels sont les risques d’une sur-exposition aux UV ou à l’ambiance saline ? Ce sont des questions légitimes. Chaque matière réagissant différemment à l’environnement marin, il est essentiel de connaitre les différents éléments qui peuvent les endommager. Vos bouts en seront mieux protégés et vous pourrez ainsi augmenter leur durée de vie !

Une exposition prolongée aux rayons UV nuit à la santé de vos cordages

Les rayons UV émis par le soleil sont très agressifs : même la plus durable des matières souffrira d’une trop forte exposition. À terme, ce sont les propriétés mêmes de votre cordage qui seront impactées : raideur anormale, perte d’éclat des couleurs, résistance diminuée… Ce sont les fibres en surface de votre bout qui sont les plus endommagées par le soleil. En s’asséchant, elles perdent en résistance, ce qui rend votre cordage plus sensible à l’abrasion et au ragage – une réaction particulièrement problématique pour les manœuvres courantes, par exemple.

C’est pourquoi il faut au maximum protéger vos cordages des rayons UV : lorsqu’ils ne sont pas utilisés, stockez-les dans un lieu à l’abri du soleil. Malheureusement, ce n’est pas toujours possible, et certains bouts se retrouvent forcément exposés lors de la navigation ! Il convient alors de se référer aux fibres utilisées car leur résistance à l’environnement marin varie d’une matière à l’autre.

Se méfier du soleil, mais aussi du sel et de l’humidité !

L’environnement maritime n’est décidément pas le plus clément pour votre cordage. L’humidité ambiante est aussi une source éventuelle de dommages : certaines matières absorbent l’eau, ce qui peut faire moisir le cordage si ce dernier n’est pas séché correctement avant d’être rangé. C’est encore plus valable pour les bouts qui sont régulièrement immergés !

Veillez à bien nettoyer vos cordages après chaque sortie en mer afin de retirer au maximum le sel, les bactéries et toutes impuretés (très corrosif vis-à-vis des fibres) qui pourraient endommager les fibres de votre bout. Privilégiez un lavage à l’eau douce et laissez-les sécher dans un endroit sec, aéré et bien évidemment à l’abri du soleil 😊

Les résistances des différentes matières aux UV, à l’ambiance saline et à l’humidité

La résistance d’une fibre à l’environnement marin est à prendre en compte lors du choix de votre cordage. Voici un petit récapitulatif :

  • Le polyester est très résistant aux UV comme à l’humidité, une matière idéale pour le milieu nautique ;
  • Le polyamide offre une résistance correcte aux UV mais absorbe légèrement l’eau, ce qui le rend plus vulnérable à l’action corrosive du sel ;
  • Le polypropylène, bien qu’hydrophobe, souffre d’une trop grande vulnérabilité aux UV ;
  • Le dyneema est lui aussi adapté, avec une résistance correcte (garantie jusqu’à 2 000 heures d’exposition) aux UV comme à l’humidité ;
  • En revanche, l’aramide présente de fortes intolérances aux UV ainsi qu’au sel et à l’humidité, ce qui réduit fortement sa longévité.

Pour plus d’informations concernant les différentes matières possibles pour vos manœuvres courantes, n’hésitez pas à lire notre article comparatif !

Vous l’aurez compris, vos cordages marins sont en permanence soumis à rude épreuve. Gardez en tête qu’aucune matière n’est totalement invulnérable face aux UV, à l’action du sel ou à l’humidité : un bon entretien est donc crucial afin de préserver au mieux vos cordages et ainsi augmenter leur durée de vie !

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Les terminaisons possibles pour préserver au mieux votre cordage

Que votre cordage soit neuf ou que vous vous apprêtiez à couper un bout abimé, il est essentiel de protéger les extrémités de ce dernier afin d’éviter que ses fibres se désolidarisent, ce qui peut à terme fragiliser votre cordage. Brûler le bout ne suffit pas : il faut réaliser une terminaison efficace et durable. Heureusement, il existe plusieurs moyens pour terminer un cordage facilement et proprement !

Un cordage qui coince dans un bloqueur, une gaine qui se déchire, un ragage un peu trop fort et hop : il faut couper et réparer votre bout. Du simple scotch aux techniques de matelotage les plus complexes, plusieurs terminaisons existent et chacune présente ses avantages et ses inconvénients. On les passe en revue ensemble 😊

Un petit tour de ruban adhésif, la solution temporaire pour « dépanner »

Posséder à bord quelques rouleaux de ruban adhésif est toujours une bonne chose. Dans un moment de hâte ou si vous n’avez pas de quoi réaliser une véritable terminaison sous la main, quelques tours de Scotch© peuvent suffire – mais temporairement. C’est une solution peu durable : le ruban adhésif se détachera rapidement lors de la navigation !

Pour réaliser au mieux une terminaison avec de la bande adhésive, il faut tout d’abord privilégier un produit résistant à l’environnement marin (sel et humidité notamment) et aux UV. Il suffit d’effectuer quelques tours, relativement serrés, à l’extrémité du cordage tout en laissant quelques centimètres dépasser. Une fois le ruban adhésif coupé, brûlez la fin de votre bout pour éviter qu’il ne s’effiloche tout en veillant à ne pas endommager le scotch. Une fois à quai, nous vous conseillons fortement de réaliser une terminaison plus durable 😊

Appliquer une terminaison plastique préfabriquée

C’est une alternative préférable à la bande adhésive, même si elle reste peu durable dans le temps : certains shipchandlers vendent des terminaisons plastiques à appliquer à l’extrémité des cordages. Il est aussi possible de les utiliser pour « marquer » certains points précis de vos manœuvres courantes et ainsi disposer de repères visuels lors de la navigation. Voici un exemple de ce type de produit, vendu par notre partenaire Big Ship.

L’incontournable surliure, terminaison la plus courante

Réaliser une surliure est un bon moyen de terminer un cordage. Cette technique de matelotage est relativement facile et permet d’obtenir un résultat solide et durable – néanmoins, elle peut se révéler chronophage si vous devez réparer un grand nombre de bouts. De plus, la couture peut créer une petite zone de surépaisseur qui pourrait venir se coincer dans vos bloqueurs ou poulies lors de la manipulation.

Le choix du fil est crucial : ce dernier doit être particulièrement résistant, c’est pourquoi notre fil à surlier MS-317 est composé de 8 fuseaux 100% polyester enduits de PTFE. Côté outillage, du matériel de couture traditionnel suffira pour réaliser la surliure que vous pourrez ensuite protéger à l’aide d’une couche de ruban adhésif.

La terminaison constrictor : pratique, résistante et rapide

C’est selon nous la terminaison la plus efficace : le nœud constrictor est un dérivé du cabestan qui va être cousu directement à la gaine située en fin de bout. Il faut donc penser à couper un bon centimètre d’âme avant de réaliser le nœud, ce dernier venant « fermer » la gaine sans bloquer l’âme – ce qui évite la formation de bourrelets indésirables qui pourraient gêner l’usage de votre cordage.

Très solide, cette terminaison a aussi le mérite d’être discrète, esthétique et très simple à réaliser ! Elle ne demande que peu d’outils (des aiguilles et un fil robuste suffisent) et tout amateur de matelotage la réalisera sans peine en quelques minutes. C’est définitivement un excellent moyen de terminer vos bouts qui ne sont pas destinés à recevoir des messagers. Pour ces derniers, c’est en revanche la terminaison passant messager qui est tout indiqué.

Le passant messager, parfait pour faciliter le remplacement des drisses

Cette terminaison consiste à coudre le messager directement au bout plutôt que de le nouer, ce qui réduit fortement les chances de voir le messager se rompre ou se délier lorsque vous désirez remplacer vos drisses par exemple. Il suffit de sectionner l’âme du cordage pour libérer environ 10 cm de gaine : par la suite, placez une garcette pliée en deux au sein de la gaine de manière à obtenir une boucle dépassant de la gaine. Il ne reste plus qu’à coudre l’ensemble à l’aide d’une surliure bien solide et le tour est joué !

Pour les cordages destinés à être attachés, privilégiez l’épissure

Impossible de clore cet article sans aborder l’épissure, une des techniques de matelotage les plus renommées. En effet, c’est une excellente terminaison qui est doublement utile : en plus de protéger l’extrémité d’un bout, l’œil épissé permet de l’attacher facilement, ce qui est très utile pour les amarres par exemple. Une épissure bien réalisée sera bien plus esthétique et résistante qu’un nœud, ces derniers pouvant réduire la charge de rupture du cordage de plus de 50% !

La méthode à suivre afin de réaliser une épissure varie selon le cordage et sa composition. Elle peut être difficile à reproduire lors de vos premiers essais, mais l’épissure est une terminaison utile et très résistante qui vaut vraiment le détour ! De plus, n’hésitez pas à renforcer l’œil épissé à l’aide d’une cosse en nylon (plus économique) ou en inox (plus résistant) pour un résultat encore plus efficace 😊

La terminaison constrictor, la surliure ainsi que l’épissure restent donc les meilleurs choix pour terminer un cordage proprement et efficacement : à vous de faire un choix selon vos préférences et l’usage auquel est destiné le bout ! Réaliser ces petites techniques de matelotage est essentiel pour bien entretenir et préserver ses cordages.